Revue La Phalère – Numéro 7 – Pierre Bourgoin Les ordres de érite ’o…

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Notre exemplaire : État : Bon état.

Auteur : Pierre Bourgoin · Poids : 380 g

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Présentation de l’éditeur

L’éclectisme a toujours été notre goût ; aussi, dans cette nouvelle livraison, est-il traité des faits et dits biographiques d’un Compagnon de la Libération, établi ensuite le pano­rama des ordres et décorations des Länders germaniques de la République fédérale d’Allemagne, puis proposé une étude monographique de la Tahiti Nui, une décora­tion territoriale attachée à la Polynésie française qui vient complé­ter le faisceau républicain des reconnaissances méritoires. Au delà des particularités et des spécificités propres à chacun de ces thèmes, une profonde ligne de force traverse les trois études et les sous-tend : qu’est ce qu’une nation ? Question que tout phalériste serait en droit de se poser. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le sort cruel des armes a provoqué une profonde faille entre ceux qui restaient fidèles au maréchal Pétain, le vainqueur de Verdun, et acceptaient le verdict des combats, et ceux qui refusaient la défaite. Pierre Bourgoin fut en effet un des premiers à se mettre dans les pas du général de Gaulle. Aussi, son nom restera-t-il à tout jamais visible sur les colonnes gravées du Cercle de ces 1061 compagnons, un Capitulaire mythique de l’Ordre de la Libération créé en 1940 par l’homme de l’Appel du 18 Juin. Dans cette terrible épreuve, les Français s’étaient-ils reconnus encore comme une nation une et indivisible, en mesurant les abîmes qui les avaient séparés ? Les violents déchirements entre Français pendant la guerre ne font que mettre en évidence la pluralité de sens du mot nation chez nos concitoyens : le terme s’employait déjà sous l’Ancien Régime sans se fondre ensuite dans celui de Grande Nation. Ainsi, les mots recouvrent des acceptions parfois antagonistes. Die Bundesrepublik in Ländern. La République fédérale se subdivise en Pays. Son gouvernement central partage avec les gouvernements des collectivités de ces Länders, qui forment l’Etat allemand, les diverses compétences constitutionnelles en législation, juridiction et ad­ministration. Ces Etats fédérés disposent souverai­nement du droit de créer Orden et Ehrenzeichen, insignes et décorations honorifiques ; toutefois, l’attribution de tels honneurs reste limitée tout en ayant des quotas inférieurs à ceux du Mérite fédéral. Du fait du passé souvent glorieux des ces anciens Etats libres – qui eurent leurs Diètes (Reichtag) au XVIe siècle comme assemblées di­plomatiques pour assurer la fragile cohésion politique du Saint Empi­re romain germanique -, de ces Länders aujourd’hui dans le cadre du fédéralisme, et de la force centrifuge qui pourrait se manifester, doit-on en conclure que l’Allemagne n’est pas une nation ? Le destin tragique de la nation allemande révèle le caractère spécifique de sa propre conscience : celui d’un « peuple élu » qui ne perçoit sa forme politique que comme une abstraction lexicale, et demeure fidèle à la communauté populaire, vrai mythe fédérateur. En 1963, le Général avait voulu que les services distingués envers la Nation française fussent récompensés par les honneurs d’un second or­dre national, à un rang derrière la Légion d’honneur, celui du Mérite ; mais supprimer en compensation dix-sept décorations ministérielles sur lesquelles la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur n’exer­çait aucun contrôle. Et voici que trente-trois ans plus tard naissait une décoration territoriale outre-mer, la Tahiti Nui, instituée par l’As­semblée de la Polynésie française, un terri­toire autonome de la République, pour récompenser le talent des hommes et des femmes de bonne volonté, utiles au “savoir vivre en­semble” de leur communauté. Faut-il voir par là une spécificité communautaire, comme un début de délitescence du caractère fondateur de l’unité et de l’indivisibilité de la République ? La naissance d’une « Légion d’honneur polynésienne » peut révéler la marche de la nation française vers un œcuménisme universel, fidèle en cela au message adressé au monde par la Révolution dans sa déclaration des droits de l’homme, mais mettre en danger un autre concept au cœur de sa raison d’être, car l’exercice de la souveraineté ne peut s’accomplir que dans un territoire, celui de la République, et l’ouverture à l’idéal universel peut ruiner la spatialité inéluctablement fermée de la démocratie, expression de la Nation. In fine, il semble ne pas y avoir de réponse commode et simplificatrice à la question de la nation. Pour emprunter aux Regards sur le monde actuel de Paul Valéry, l’idée même de nation, en général, ne se laisse pas capturer aisément. Tantôt la race, tantôt la langue, tantôt le territoire, tantôt les souvenirs, tantôt les intérêts instituent diversement l’unité nationale d’une agglomération humaine organisée.

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