Description
Notre exemplaire
État : Bon état. Ancien livre de bibliothèque.
Auteur : Collectif dirigé par Michel Gribinski · Éditeur : Olivier · Année : 2010 · ISBN : 9782879297019 · Poids : 440 g
Présentation de l’éditeur
. La question semble sortie de Swift, de sa Modeste proposition concernant les enfants des classes pauvres : » Un bébé sain et bien nourri constitue à l âge d un an un plat délicieux, riche en calories et hygiénique (.) « , etc. La verve de Swift est politique.Trois siècles plus tard, le » plat délicieux » apparaît dans la verve winnicottienne : » Le corps de l enfant revient au pédiatre. Son âme, aux hommes de la religion. Sa psyché appartient au psychanalyste. Et son intellect au psychologue. L esprit est pour le philosophe. Le psychiatre veut les troubles mentaux (.) » ( La Nature humaine ).La question est cependant partie d ailleurs, au fil de lectures sur les enlèvements, par les Nazis, d enfants (chrétiens) blonds aux yeux bleus, dans les pays occupés principalement d Europe du Centre et de l Est. Le nombre des enlèvements avancé par les historiens, en variant selon les idéologies de l époque (vingt mille à deux millions), a en effet donné le sentiment que les enfants étaient une matière qui se prêtait tout particulièrement à l instrumentalisation, et qu ils servaient à tout. Qu ils étaient une matière plastique, conciliante, et comme soumise à ce qu on attend d ordinaire d un enfant : qu il se conforme à ce que l adulte attend de lui.Entre les rabaissements de l enfant – objet réel ou fantasmatique de l esclavagisme nazi, mais aussi aujourd hui de la pédophilie, de l inceste et du viol, de la prostitution, du travail, etc. -, et sa survalorisation – enfant merveilleux, enfant sauveur -, la question n a pas fini de se poser : à quoi de l adulte sert donc un enfant ?Au sommaire J.-M. Rey, » L enfant, mesure de toute chose » ; H. Le Bras, » Reproduction, investissement, jouissance » ; H. Normand, » Je veux un enfant » ; J.-F. Daubech, » Passions d adultes » ; J.Ludin, » Le choix de l enfant » ; C. Doumet, » L ours du réel » ; L. Kahn, » Usages d un bâtard » ; J. Malosto, » Je t expliquerai quand tu seras petit » ; A. A. Semi, » Le destin d être enfant « ; D. Oppenheim, » Approche de l enfant cancéreux » ; E. Marmursztejn, » Effacer et soustraire » ; J. Claustre, » Les innocents » ; I. A. Hirschmann, » Les enfants perdus « , M. Pignot, » La triple responsabilité des enfants dans la Grande Guerre » ; P. Bergounioux, » Rien de moins (Entretien) » ; A. Phillips, » Après l alerte « , etc. A quoi servent les enfants ? ou à qui ? » Un bébé sain et bien nourri constitue à l âge d un an un plat délicieux, riche en calories et hygiénique » ironise Swift ; » Le corps de l enfant revient au pédiatre. Son âme aux hommes de la religion. Sa psyché appartient au psychanalyste. L esprit est pour le philosophe. Le psychiatre veut les troubles mentaux » répond Winnicott. Swift et Winnicott sont d accord : l enfant est au coeur d un fantasme d objet à dépecer. Avec les usages sexuels, économiques, médiatiques que l on fait de lui, avec sa fonction de sauveur, avec sa toute-puissance (His Majesty the Baby) et son impuissance radicale, avec le narcissisme qu il confère au cercle de famille ou qu il blesse, l enfant est (d un emploi) incertain et peu raisonnable. Comme la sexualité dont il est l avatar?
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