Description
Notre exemplaire
État : Très bon état.
Auteur : Emmanuel Pernoud · Éditeur : Adam Biro · Année : 2001 · ISBN : 9782876602304 · Poids : 1100 g
Présentation de l’éditeur
Ça a débuté comme ça. Avec La Femme aux bas blancs et L Origine du monde de Courbet. Jusque-là, la représentation du corps nu est acceptable, tout ce qu il y a de plus décent, de plus conforme aux mœurs, et l évocation du bordel reste dans le carcan de la gravure. Seuls quelques rares peintres (mais non des moindres) avaient osé placer au centre de leur œuvre des femmes licencieuses, des corps abandonnés l un à l autre, des êtres turgescents, comme Gerard Ter Borch ou (plus encore) Jan Steen, l abuseur amuseur, un rien iconoclaste, l ironique insatiable de la peinture flamande au XVIIe siècle. À la suite de Courbet vont s engouffrer dans le sujet Degas, Manet, Toulouse-Lautrec, Picasso, Derain, Munch, Picabia, Fautrier. Des artistes peu respectueux des conventions et influencés par les gravures pornographiques. C est que le bordel a un atout, dit Emmanuel Pernoud, historien de l art, et auteur de cet ouvrage remarquable, un atout qui réside dans son innocence artistique : globalement ignorée par la peinture, exonéré des signes extérieurs de la bienséance, il va s offrir comme une terre vierge pour réapprendre à voir l homme chez lui. Les artistes prendront cette terre vierge comme une invitation. En somme, rien moins qu une réappropriation de l art et de ses représentants du monde avec ses torts et travers, ses émotions, ses plaisirs, sa jouissance, d une figure l autre. Et sans hypocrisie. –Céline Darner LA DEDICACE DE L AUTEUR : En lisant « Le bordel en peinture », j aimerais que les lecteurs prennent la mesure du choc désagréable qu éprouvèrent les contemporains de Courbet, Manet, Degas, Toulouse-Lautrec, Picasso, Rouault, lorsqu ils découvrirent les nombreux tableaux que ces derniers consacrèrent au monde du bordel et de la prostitution. Ces peintures, qui sont désormais « blanchies » par le temps et par la consécration du musée, ne furent pas seulement taxées d immoralité par les milieux conservateurs, mais soupçonnées de provocation dérisoire par les critiques avertis. On leur reprochait leur défaut d esthétique quand les artistes, eux, cherchaient d abord la vérité : vérité morale d une époque profondément corrompue, vérité sociale d une prostitution dont on voulait bien jouir mais qu on refusait de regarder en face, vérité de la nature humaine en un temps où les apparences étaient tellement codifiées qu on en avait oublié les comportements naturels (« le salon de bordel », disait Picasso, est « le seul endroit où l on trouve réellement des femmes nues » : réellement, c est-à-dire, qui ne posent pas, comme c est le cas dans les cours de dessin d après modèle vivant). C est par leur accent de vérité que ces oeuvres sont belles, non parce qu elles recherchent la beauté. (Emmanuel Pernoud) Les Demoiselles des bords de la Seine de Courbet, Olympia de Manet, Les Demoiselles d Avignon de Picasso : trois œuvres phares, trois évocations du bordel et de la prostitution. De la seconde moitié du XIXème siècle jusqu au premier quart du XXème siècle, ce thème hante la modernité picturale. Certains artistes lui accordent même un rôle de premier plan : Degas, Toulouse-Lautrec, Grosz et toute la Nouvelle Objectivité. Que vont chercher les peintres au bordel ? Un nouvel art du nu, du portrait, de la scène d intérieur. Mais d abord et surtout un antidote au goût, à l emprise de la morale sur la peinture.
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