Description
Notre exemplaire
État : Très bon état. Livre ayant été protégé avec une couverture qui peut se retirer.
Auteur : Mélanie Riffel · Éditeur : Citadelles & Mazenod · Année : 2003 · ISBN : 9782850881916 · Poids : 1620 g
Présentation de l’éditeur
Toile de Jouy : ce terme évoque immanquablement des tissus à fond blanc sur lequel se détachent des scènes champêtres aux graciles protagonistes. En réalité, les productions de la manufacture Oberkampf furent remarquablement plus variées. De fait, les toiles de Jouy furent d abord et avant tout des cotonnades imprimées aux XVIIIe et XIXe siècles par cette manufacture installée dans le petit village de Jouy-en-Josas, à quelques lieues de Paris et de Versailles, qui occupait un rôle de premier plan depuis l arrivée de la cour. Toutefois, pour comprendre le rayonnement des productions de Jouy, il faut analyser ce qu il se passait au XVIIe siècle. A cette époque arrivent en Europe des étoffes chamarrées comme on n en avait encore jamais vu : les indiennes. Ainsi nommées car importées des Indes, elles se distinguent des tissus traditionnels par le fait que leurs motifs sont obtenus par impression, et non par tissage de fils de couleur. L engouement est immédiat et à ce point intense qu en 1686, sous la pression des corporations nationales menacées, le Conseil d Etat en interdit non seulement l importation, mais également la production et l utilisation. Cependant, de multiples renouvellements de l interdiction n y feront rien – la mode est trop forte -, et en 1759, sa levée donne le coup d envoi au développement de l impression sur coton. Christophe-Philippe Oberkampf, qui est né et a grandi outre-Rhin, dans un pays non touché par la prohibition des indiennes, possède le savoir-faire nécessaire à leur production. Arrivé à Paris en 1758, il transfère bientôt sa manufacture près des eaux pures de la Bièvre, à Jouy. Le succès ne se fait pas attendre : en 1805, 1322 ouvriers sont employés par la fabrique. Les tissus qui eu sortent sont destinés à l ameublement comme à l habillement. La gamme de motifs qui les ornent, monochromes et polychromes, est impressionnante : semis de fleurs, fleurs stylisées et autres » bonnes herbes « , losanges, cercles, rayures, » écailles imbriquées » multicolores… et, bien sûr, personnages. Là encore, la diversité est de mise. Outre les célèbres pastorales, la manufacture imprime des toiles s inspirant de la mythologie, de la littérature ou des événements de l époque, comme Le Ballon de Gonesse et L Hommage de l Amérique à la France. C est une plongée dans ce passé que propose cet ouvrage grâce à bon nombre de pièces et de documents d archives rassemblés au musée de la Toile de Jouy, à Jouy-en-Josas, en partie situé dans les vestiges de la manufacture Oberkampf. Robes, tentures, parures de lit, mais aussi albums d échantillons, de dessins, de modèles gouachés – les empreintes – font revivre le raffinement de l époque où la toile imprimée régnait en maîtresse, raffinement que le lecteur pourra goûter au fil des pages du présent livre. Au XVIIe siècle, les premiers cotons imprimés et peints, fabriqués aux Indes, sont introduits en France. Devant le succès et la concurrence de ces « indiennes », leur importation est interdite. En 1759 l interdiction est levée. Un an plus tard, le teinturier Oberkampf s installe à quelques kilomètres de Paris, sur les bords de la Bièvre à Jouy-en-Josas ; en quelques années sa manufacture deviendra la plus importante d Europe et sa production de toiles de coton imprimées sera connue, tant dans le domaine de la mode que de l habitation, dans bon nombre de pays. Depuis lors, son succès ne s est jamais démenti, passant progressivement de l aristocratie à la riche bourgeoisie industrielle puis à la petite bourgeoisie : la toile de Jouy est une référence absolue pour bien des foyers. Pendant les dix premières années, la manufacture produisit des indiennes polychromes, aux motifs floraux ou végétaux, destinés à la mode. Par la suite, les « camaïeux » ornés de thèmes champêtres, historiques, anecdotiques ou orientaux furent principalement utilisés pour l ameublement. Ce furent environ 30 000 motifs qui furent créés à Jouy-en-Josas, au fil des années. À l origine de ces motifs, on trouve bien souvent les grands noms du XVIIIe siècle : Boucher, Fragonard, Huet ou Pillement. S inspirant du procédé indien, la technique d impression utilisée à Jouy a permis d obtenir des couleurs solides « bon teint » grâce à l utilisation de mordants sous forme de sels métalliques, révélés ensuite par un passage dans un bain de racines de garance, de gaude ou de quercitron. Ces mordants étaient imprimés selon trois procédés : la planche de bois (1760), la planche de cuivre (1770), et enfin le rouleau de cuivre (1797). Les auteurs ont constitué la base de cette étude originale à partir des riches collections du musée de Jouy-en-Josas. L iconographie rassemble des motifs originaux conservés dans les collections, de nombreux documents liés à la production et à l histoire, mais aussi des vêtements et des pièces de mobilier exceptionnels, conservés en France. Certaines photographies d ensemble recréent l atmosphère unique liée aux dernières années de l Ancien Régime. Parmi les motifs fameux, ornant meubles ou lits, on peut citer ces créations qui ont récemment obtenu des prix très élevés en ventes publiques : Hommage de l Amérique à la France (vers 1783-1793), La liberté américaine (1783), Le meunier, son fils et l âne (1806), Le loup et l agneau (vers 1805), ou Les monuments de Paris (1818)…
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