Description
Notre exemplaire
État : Très bon état.
Auteur : Benny Lévy · Éditeur : Verdier · Année : 2003 · ISBN : 9782864324027 · Poids : 180 g
Présentation de l’éditeur
Être Juif. Être, de manière radicalement singulière ; être, irrémissiblement rivé à son judaïsme comme le dit Emmanuel Lévinas, présent tout le long des lignes de ce texte. À partir de cette facticité juive, s esquissent quelques propositions pour une pensée du Retour. Retour au Sinaï. Là précisément où le juif est rivé. La pensée du Retour requiert une critique de l athéologie du juif moderne. Théologie du silende de Dieu après Auschwitz, critique de la théodicée, enfin recours à la notion de Mal absolu, voilà les points par où il faut passer de manière critique. En ce sens, ce livre s adresse à tout homme pour autant qu il est encore sensible à la question de l origine du Mal. « nés (…) en 1945, nous procédions des épousailles des Lumières et de la Nuit. La Nuit ne s opposait pas aux Lumières, elle les achevait : il fut jour, il fut nuit ; jour un. Le verset, à l envers. Les lettres voletaient en désordre. Le prophète se lamentait : Nos pères ont failli, ils ne sont plus ; quant à nous, leurs fautes, nous les supportons. Nous, fils de l inversion, nous ne nous lamentions pas. Nous n avions plus à payer aucun billet. Tout avait été payé, et pour toujours. Le Siècle nous faisait un crédit illimité ; le Juif honteux pouvait être fier, sans frais : il n était plus le Juif moderne, mais le Juif du Siècle. Nous ne remarquions même pas que nous étions en train de payer l absence de lamentations. Le prix : l obscurcissement du rapport du fils au père. Dans les Lumières, nous avions perdu la mère ; dans la Nuit : le père. Enfants adoptifs du Siècle, nous pouvions nous mêler à tous ses combats. Ils se révélèrent douteux, qu à cela ne tienne : nous pouvions nous retourner contre le Siècle, en véritables enfants. Contre le Siècle de la barbarie s élevaient alors l humanité et ses droits. » Etre juif : s en tenir, coûte que coûte, au pur fait d être juif. S arrêter à cette facticité, immédiatement révélante. » Etre juif « , ce fut le titre d un article décisif d Emmanuel Lévinas en 1947 ; le programme d une nouvelle pensée après Rosenzweig – pensée du Retour – y était esquissé. Dans cette trace, ce livre dialogue passionnément avec Lévinas. Il prend le parti de refuser toute conversion philosophique. De la facticité seule s explicite la pensée du Retour. Etre juif : ne pas pouvoir fuir sa condition. Toute l histoire juive, irrémissiblement rivée à son début. Le Juif comme » vie éternelle « , selon le mot de Franz Rosenzweig. Le Juif comme nécessité d existence dans l absolu. Le Juif moderne a vécu cet être comme malédiction. La pensée du Retour requiert une critique radicale de la théologie – l a-théologie – du juif moderne. Théologie de la » mort de Dieu « , du silence de Dieu à Auschwitz, souffrance inutile – tous ces thèmes font l objet de la critique. S approcher de ce qui brûle le juif moderne, sans athéisme. Et comme le cœur de l a-théologie du juif moderne est constitué par la doctrine du Mal absolu, il faut, contre cette doctrine, revenir à la Tora d Adam. Il n y a pas de nécessité du mal. Rejeter la théodicée de Leibniz et de Hegel n est pas adopter la doctrine dualiste du Mal absolu. Etre juif, ou l innocence d Adam. Autrement dit, voilà la figure d une universalité inouïe. Avec la publication d « Etre juif », cet ouvrage qu à cause de sa mort Benny Lévy n a pu tenir entre ses mains. Lui vivant, la force du livre aurait sans doute été décuplée. Mobilisant sa puissance de séduction orale, il aurait tenté d incarner la figure du « pur sujet de l Alliance » telle qu il voulut la poser comme horizon indépassable des juifs du temps. Lui mort, reste un texte sombre, rageur, tout entier traversé par une « honte brûlante », celle d avoir joué si longtemps au « singe savant de l Occident », et d avoir ainsi pactisé avec une modernité stigmatisée ici comme idolâtre et malfaisante : « Je ne disais pas que j étais ignorant, mais athée. Ca sonne plus fier. Aujourd hui, tout le monde le sait, athée est une métonymie pour ignorant. Alors, puisque nous avons fait les fanfarons, déconstruisant, palpitant, il est temps de payer ; mesure pour mesure, il faut déconstruire le Juif du siècle, tranquillement », écrit ce normalien désormais délivré du souci d humanité (et donc du mot d ordre « socialisme ou barbarie »), bien décidé à ne plus s adresser qu au seul juif afin de le confiner dans l alternative : « La Torah ou la mort ! »
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