Contes d une grand-ère tibétaine – Yveline Féray

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Notre exemplaire : État : Très bon état.

Auteur : Yveline Féray · Éditeur : Philippe Picquier · Année : 2006 · ISBN : 9782877309035 · Poids : 200 g

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Description

Notre exemplaire

État : Très bon état.

Auteur : Yveline Féray · Éditeur : Philippe Picquier · Année : 2006 · ISBN : 9782877309035 · Poids : 200 g

Présentation de l’éditeur

Plus que jamais, il faut lire ces contes en les écoutant, car le Tibet a livré la richesse de son immémoriale culture avant tout par ses bardes, ses oracles et ses chants. Ces récits qui nous dérangent, nous émerveillent et nous troublent plongent aux origines du peuple tibétain, de son identité puissamment originale, là où en haut du pays d en haut la neige touche le ciel dans des espaces sans rivages. Qu ils appartiennent aux Contes du Vetâla d or ou du Cadavre levé, ou aux Contes et chants populaires, ils illustrent symboliquement cette aptitude des Tibétains, ces éternels voyageurs, à survivre à leurs propres démons en les dominant, et à tous leurs adversaires en leur opposant la force matérialisée de l esprit, l âme de leurs cimes. Extrait du livre : Un jour que l ascète était en méditation au sud de son ermitage non loin d un nid de corbeau, le fils du roi conduisant le fils du riche et le fils du mendiant gravit la montagne Sriparvata. Parvenus en haut du haut de la vallé5, les trois garçons remarquèrent aussitôt le nid de corbeau perché sur son rocher. Ramassant alors des pierres dans un pan de leurs jupes, ils s en approchèrent. – Jurons, dit le fils du roi, de rester ici ensemble jusqu à ce que nous ayons attrapé ces corbeaux ! Tous trois, solennellement, jurèrent et se mirent à viser le nid à qui mieux mieux. Le soleil était au zénith lorsque le fils du roi déclara : – J ai dans cette vie-ci tout ce dont j ai besoin, honneurs, serviteurs et richesses. En ce qui concerne ma prochaine existence, si j ajoute d autres aumônes à mes précédents dons, quel souci ai-je à me faire ? Que le cerf emporte donc les paroles de mon serment, je rentre. Là-dessus, il s en alla. «Autrefois, se dit le fils du mendiant, j ai sûrement menti et violé mes serments, c est pourquoi mes présentes chances de bonheur sont minces. Si je manque encore à ma parole, dans ma future existence je serai encore plus misérable.» Se munissant de nouvelles pierres il retourna près du rocher. – Le fils de celui qu on appelle «très puissant», s exclama plein de mépris le fils de l homme riche, a renié sa parole. Il l a reniée sans raison. Il est parti sans raison. Nous deux, tant que nous n aurons pas déniché ces corbeaux, nous resterons. De concert, ils se remirent à viser le nid. Mais trop longs, ou trop courts, trop forts ou trop faibles, leurs tirs manquaient toujours leur cible. Le soleil allait disparaître derrière le col lorsque le fils de l homme riche déclara à son tour : – Un nid pareil, aucune chance de l atteindre. Je suis riche et avec la richesse on est assuré d avoir une grande renommée. Que le cerf emporte donc les paroles de mon serment, je rentre. Là-dessus, lui aussi s en alla.

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