Description
Résumé : Il est rare au bout de 40 ans d édition d être saisi par la simple évidence d un texte l impression qu il est là avec une calme et sûre autorité sans qu il y ait besoin d analyser ni de s interroger. Une voix parle singulière étrange même mais c est limpide sans artifice sans bavure. Combien de fois cela arrive-t-il dans une vie d éditeur ? Et c est d autant plus émouvant lorsqu il s agit d un premier livre (après deux minces plaquettes encore tâtonnantes) et d une jeune femme venue d une tout autre langue d une tout autre culture. C est le cas de Cécile A. Holdban dont les vers impeccables évoquent d autres paysages insituables et comme de toujours connus. Écoutons le début du livre : « C était une pé-riode où Dieu se taisait // Quelle main rassemblera / les fragments laissés à la nuit ? // Le sang noircit dans les maisons / des toits aux fondations / rien ne tremble rien ne circule / des langues de haillons captives / se taisent dans la nasse des bouches // bastion agonisant / une armée entière de mots / est prostrée dans l aube » Cécile A. Holdban a inclus dans son livre des poèmes traduits du hongrois et de l anglais. Car autant que la Hongrie de sa famille la Nouvelle-Zélande de Katherine Mansfield marque sa poésie. De l Île du Long Nuage Blanc elle a fait la terre d Emilia Wandt son hétéronyme à qui sont dédiés les poèmes de La route de sel. « Ce n est pas nous qui écrivons les poèmes note-t-elle dans sa postface ce sont eux qui nous écrivent. » Avec ce livre une nouvelle voix est née dans la grande galaxie des Edith Södergran Kathleen Raine Karin Boye Janet Frame Sylvia Plath Pierre-Albert Jourdan Loránd Gáspár et Sándor Weöres..










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