Description
Résumé : Sages et ignorants quelques sages et beaucoup d’ignorants : le philosophe est confronté à la nécessité de prendre en compte cette différence qui peut dégénérer en contradiction et devenir une source de conflits au cœur desquels son entreprise se trouve inévitablement plongée. Parfois présenté comme un doctrinaire de la vérité pure Spinoza est peut-être pourtant le philosophe qui a le plus fortement perçu le halo d’impureté dont la vérité à chaque fois s’entoure ce dont il a entrepris de tirer toutes les conséquences. Comme le soutenait Deleuze sa philosophie est en réalité avant tout « pratique » impliquée de part en part dans le mouvement des choses et de la vie avec la prise de risques que cela suppose. Adopter le genre d’attitude propre à une philosophie pratique c’est du même coup renoncer à délivrer des leçons de vérité assénées sous un horizon de certitude absolue. Dans cet essai Pierre Macherey s’empare de l’alternative posée par le philosophe entre sagesse et ignorance où se croisent sans se confondre un certain nombre d’enjeux fondamentaux qui concernent l’ontologie (la puissance de la substance et la nécessité de la nature des choses) l’éthique (la bonne conduite de la vie et les satisfactions qu’elle procure) et la politique (la paix civile conforme aux exigences de la raison et indispensable à son exercice). Car ce qu’il s’agit de déterminer c’est si Spinoza est un conservateur défenseur acharné de mesures sécuritaires destinées à contenir les fureurs de la foule ignorante ou un révolutionnaire partisan d’une transformation radicale de l’ordre social allant dans le sens d’une levée des contraintes qui en font un mode collectif d’asservissement et d’abêtissement pour la plupart de ceux qui y participent. L objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant non de front et dans son envergure manifeste mais en quelque sorte par la bande grâce au biais que fournit un point crucial l alternative entre sagesse et ignorance où se croisent sans se confondre un certain nombre d enjeux fondamentaux qui concernent l ontologie l éthique et la politique. Cela conduit à s intéresser à des notions comme celles de don et d ingenium que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu un abord plus structuré et plus englobant unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter alors que s ils n y détiennent effectivement qu une position latérale ils y font saillie ils surprennent ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion ce qui justifie qu on s emploie à fixer sur eux l attention..











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