Description
Résumé : FLEURS ET FRUITS objets du quotidien tables servies et autres vanités sont autant de facettes d un genre qui a marqué l histoire de l art occidental : la nature morte. Bien qu elle ait toujours eu une clientèle fascinée par la manière dont elle reproduisait la réalité environnante elle a longtemps été décriée car montrant des objets indignes d être peints tant ils étaient banals. Cependant encore aujourd hui les tableaux de nature morte comptent au nombre des œuvres les plus appréciées sur le marché de l art ce qui se manifeste par un grand nombre d expositions et de publications sur le genre lui-même ou ses représentants les plus talentueux. Le présent ouvrage fait le point sur cette littérature récente sous la forme d une analyse passionnante. L auteur Sybille Ebert-Schifferer guide en effet le lecteur à travers époques et pays expliquant les différents développements stylistiques culturels ou historiques qu ont connus les natures mortes au moyen d un texte précis clair et d une grande érudition. L histoire de la nature morte commence dans l Antiquité et connaît un arrêt brutal à la chute de l Empire romain. Après une longue éclipse durant tout le Moyen Age elle fait sa réapparition à la Renaissance. Le monde des objets s émancipe alors progressivement du contexte religieux d une part – à l exemple du portrait individuel – puis de celui de la représentation scientifique de la nature de l autre. Ainsi autour de 1600 de façon parallèle la nature morte acquiert son autonomie en Italie et aux Pays-Bas. Image de contemplation propice aux plaisirs des sens avertissement sur le devenir de l homme ou encore instantané de la vie bourgeoise ou aristocratique elle s adresse à un public de plus en plus large. Les tableaux témoignent de la sorte d une évolution culturelle et sociale de changements dans les goûts et les habitudes et ce avec une constante virtuosité notamment dans les trompe-l œil. De fait les sujets les plus simples ont toujours constitué un champ d expérimentation pour les peintres – que l on songe aux pommes de Cézanne En plein XX siècle encore le genre n a-t-il pas été investi d un rôle programmatique par les mouvements d avant-garde ? Près de trois cents œuvres toutes reproduites dans leur intégralité et venant des quatre coins du monde de musées comme de collections particulières illustrent superbement le propos de l auteur. Les détails soigneusement choisis permettent d apprécier les effets de trompe-l œil ou de matière et de mieux atteindre à la compréhension des tableaux tout comme les commentaires qui complètent les légendes. Ils contribuent ainsi à faire de ces Natures mortes un livre accompli à la fois dans le fond et dans la forme. Depuis l Antiquité jusqu à nos jours l homme est fasciné par la représentation d objets de la vie quotidienne. Seul le mystique Moyen Age constitue une lacune dans l histoire de la nature morte. Avec la Renaissance cet art réapparaît et devient autonome à mesure qu il se détache du contexte religieux et de la représentation scientifique de la nature. A partir de 1600 l art de la nature morte se développe essentiellement en deux écoles l une flamande l autre italienne. Tantôt destinée à la contemplation ou au plaisir des sens tantôt symbole du destin de l homme ou instantané de la vie bourgeoise ou aristocratique souvent signée par des virtuoses du trompe-l oil elle s adresse alors à un public qui s élargit constamment. Ces représentations sont autant de témoignages de changements dans les goûts mours et modes de vie comme dans la façon de peindre la nature: la simplicité des natures mortes est souvent l outil privilégié des artistes – révolutionnaires – qui expérimentent de nouvelles techniques. Sybille Ebert-Schifferer directeur général des musées de Dresde a déjà dirigé le Hessisches Landesmuseum de Darmstadt et les expositions de la Schirn Kunsthalle de Francfort. Considérée comme l un des plus brillants conservateurs de sa génération elle a conçu beaucoup d expositions et de catalogues travaille notamment sur l art du portrait et de la nature morte et elle a publié sur Poussin Le Guerchin Savoldo Guido Reni. Elle retrace ici toute l histoire de la nature morte des génies de l antiquité au Pop Art et au nouveau réalisme. Passionnant clair et détaillé le texte nous plonge dans les différentes étapes que connut ce genre pictural. Dans cette histoire qui est aussi celle de notre civilisation Sybille Ebert-Schifferer analyse les différentes tendances leurs significations et leurs implications et elle commente la très riche iconographie de ce livre magnifique. Des Colombes se désaltérant de la Villa d Hadrien aux objets sur plaque de bois intitulés Tableau-piège chez Tinguely par Spoerri en passant par les fruits de van Dijck les fleurs de Brueghel les tableaux de chasse flamands et les fruits de Cézanne de superbes et nombreuses reproductions en couleurs illustrent le propos de l auteur et dressent un riche panorama de la nature morte à travers les âges. Présenté dans un très beau coffret ce livre comprend une bibliographie générale et par artiste un index et une liste des ouvres reproduites par lieu de conservation. Si le terme même de nature morte n apparaît qu à la seconde moitié du XVIIIe siècle la représentation des choses inanimées est bel et bien l héritage de l Antiquité. Relation triangulaire entre la réalité les apparences et l homme les natures mortes longtemps considérées comme un art mineur relèvent pourtant d un genre autonome. Caractérisées par un champ thématique varié elles rassemblent aussi bien les mosaïques de la Villa d Hadrien près de Tivoli la Vanité de Pieter Steen Wijck que des toiles de Juan Gris ou de Robert Rauschenberg. Tour à tour compositions de fleurs de fruits de gibier d instruments de musique de victuailles de livres de crânes ou de coquillages les natures mortes ont traversé les styles et les siècles. Documents d époques ou réflexions métaphysiques elles ont leurs significations cachées et leurs symboles. Soucieuse de faire accéder cette étude d ensemble au plus grand nombre Sybille Ebert-Schifferer se concentre principalement sur des oeuvres attribuées précisément datées et exposées dans les musées. –Sandrine Fillipetti Une fois constaté que l Italie va contribuer au développement du genre de la nature morte en introduisant des fruits et les Pays-Bas en composant tables servies et vanités il convient de s interroger sur les raisons de ce succès. C est ce que fait Sybille Ebert-Schifferer avec une ampleur de vue tout à fait singulière. Elle souligne que le succès de la nature morte est dû à la convergence de deux évolutions : celle qui conduit les artistes à acquérir un sens de l observation nécessaire pour représenter la diversité du monde animé celle qui amène une clientèle aisée à traiter la peinture comme un phénomène artistique autonome. Le triomphe de la nature morte c est le triomphe de la peinture..












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