Description
Résumé :
J appartiens à un peuple disparu. À ma naissance il constituait près de 60 % de la population française. Aujourd hui il n en fait pas même 2 %. Il faudra bien un jour reconnaître que l événement majeur du XX? siècle n aura pas été l arrivée du prolétariat mais la disparition de la paysannerie. Ce sont eux les paysans qui mériteraient le beau nom de peuple originaire que la sociologie applique à d improbables tribus. En même temps que les premiers moines ce sont eux qui ont défriché essarté créé un paysage et qu ils lui ont donné le nom de couture c est-à-dire de culture ce mot que les Grecs n avaient pas même inventé : une façon d habiter le monde autrement qu en sauvage. Cette classe dont j avais tant envié la fortune et l aisance et dans laquelle je serai fût-ce à reculons entré cette intelligentsia tant admirée mais surtout dont j avais redouté l arrogance face à ces enfants de bourgeois qui me faisaient une peur de chien quand je les rencontrais il m apparaît aujourd hui qu elle aura trahi installée qu elle est de par sa propre volonté et par sa propre paresse dans un exil culturel permanent et profond..
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