Description
Notre exemplaire
État : Bon état.
Auteur : D Bohm · Éditeur : éditions Alphée · ISBN : 9782753802377 · Poids : 430 g
Présentation de l’éditeur
Naguère inspirée par une vision globale qui unissait l’homme à l’Univers, la science s’est peu à peu transformée au XXe siècle. Privilégiant une approche étroite, abstraite et fragmentée de la nature et de la réalité, elle ne peut plus aujourd’hui résoudre des problèmes concrets qui dépendent d’un contexte infiniment plus vaste. David Bohm et F. David Peat, qui travaillent dans la ligne d’Einstein et d’Oppenheimer, proposent un nouvel élan à la science, une nouvelle définition de la création et de la communication. En retraçant l’histoire de la physique d’Aristote à Einstein, du théorème de Pythagore à la mécanique quantique, ils analysent la naissance des théories scientifiques et les moyens pour la science de devenir créative, de générer une compréhension plus profonde de la société et de la condition humaine. Ils montrent en particulier comment, à partir de la notion d’ordre génératif – implicite, explicite – des domaines apparemment aussi différents que la religion, la physique, la biologie, la pensée, l’art procèdent et sont l’expression d’une même réalité. David Bohm (1917-1992) était sans conteste l’un des physiciens contemporains les plus importants. Sa théorie du «holomouvement» représente une révision radicale de l’image du monde découlant de la science traditionnelle. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages. F. David Peat est un physicien anglais de renommée mondiale, auteur d’une vingtaine d’ouvrages. Extrait du livre : La théorie d’Hamilton et Jacobi La fragmentation scientifique se produit de plusieurs façons, en particulier à cause de cette tendance qu’a l’esprit de s’accrocher à ce qu’il trouve rassurant et réconfortant dans l’infrastructure subliminale de ses idées tacites. Cela fausse ensuite la perception de la nature radicale du changement qui survient pendant les révolutions scientifiques, lors desquelles les anciens et les nouveaux paradigmes sont jugés «c incommensurables», et aboutit à une sous-estimation du degré de changement qui s’opère pendant les longues périodes de science dite normale. On croit, généralement, qu’après une révolution scientifique majeure, les savants doivent consolider leurs acquits et développer les nouvelles idées dans des voies qui ne sont pas forcément aussi créatives que pendant la révolution proprement dite. Cependant, en regardant plus attentivement l’histoire de la physique, on s’aperçoit que certaines métaphores très puissantes ont été développées au cours de cette période de science «normale». Faute d’avoir été poursuivies avec suffisamment de courage et d’énergie pour déclencher de nouvelles découvertes, elles furent étouffées sous le poids de l’infrastructure tacite des idées familières et réconfortantes qui prévalaient à l’époque. Au XIXe siècle, par exemple, apparut une méthode alternative pour traiter la mécanique des corps en mouvement, qui à l’époque rencontra trop peu d’intérêt. Newton avait abordé le mouvement en termes de trajectoires définies suivies par les particules. Ces trajectoires étaient calculées grâce à des équations différentielles qui étaient déterminées par la position et la vitesse initiales des particules, et par les forces extérieures qui agissaient en chaque point de la trajectoire pour modifier la vitesse ou la direction de la particule. La théorie d’Hamilton et Jacobi, développée à la fin des années 1860, présentait un nouveau traitement du mouvement, fondé sur les ondes plutôt que sur les particules. Au lieu de considérer le mouvement d’une particule comme suivant une trajectoire donnée soumise aux forces extérieures, la théorie d’Hamilton et de Jacobi reposait sur une description où tout mouvement est perpendiculaire à un front d’ondes. On peut se le représenter très simplement par le mouvement d’un bouchon de liège ou d’une brindille sur les ondes d’un lac. Ainsi, le mouvement est déterminé par l’ensemble des ondes, plutôt que par les actions locales, morcelées, d’une force en tout point de la trajectoire de la particule. De toute évidence, la théorie d’Hamilton et Jacobi diffère radicalement de celle de Newton. Pourtant, des mathématiciens sont parvenus à démontrer que les deux théories produisaient en fait les mêmes résultats numériques. Il était clair que ces théories alternatives comportaient des idées fondamentalement «incommensurables» : la matière est par essence soit de nature particulaire, soit de nature ondulatoire. Les scientifiques ont toutefois été enclins à se concentrer sur les aspects mathématiques de la nouvelle théorie, et à accorder moins d’attention à cette curieuse situation où deux notions apparemment sans rapport de la constitution de la matière peuvent recouvrir le même champ d’expériences, en livrant les mêmes résultats. A la lumière de la précédente sous-partie, cette situation évoque la possibilité de faire un saut métaphorique, et d’arriver à l’affirmation : «Une particule est une onde.»
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